ArtCatalyse : l'art qui dialogue avec l'environnement

Exposition en cours


  L’art qui dialogue avec l’environnement



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Communiqué de presse


La nouvelle Saison d’art du Domaine de Chaumont-sur-Loire s’est ouverte à la fin du mois de mars. Parmi les nouvelles oeuvres et installations présentées, voici les propositions de six artistes: Antonio Crespo Foix, Anaïs Lelièvre, Janine Thügen-Reichenbach, Bernard Pagès, Lionel Sabatté et Ghyslain Bertholon.






 





































































 













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Gilles Aillaud

Important



Marika Prévosto

À

sandie hatem

jul 1 à 2h10 PM

Gilles Aillaud, Le silence sans heurt du présent

En coproduction avec les Musées des beaux-arts de Rennes et de Saint-Rémy de Provence, cette rétrospective parrainée par la Fondation d’Entreprise Michelin est la première grande exposition consacrée à l’artiste depuis 10 ans. Une cinquantaine de tableaux provenant de grandes collections publiques et privées seront exposés au FRAC Auvergne.























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Exposition du 10 décembre 2016 au 05 mars 2017.
Fondation Maeght, 623 chemin des Gardettes – 06570 Saint-Paul de Vence. Tél. : +33 (0)4 93 32 81 63. Ouverture tous les jours de 10h à 18h.

Exposition du 10 décembre 2016 au 30 mars 2017.

Espace de l’Art Concret, château de Mouans – 06370 Mouans-Sartoux. Tél. : +33 (0)4 93 75 71 50. Ouverture du mercredi au dimanche de 13h à 18h.

À l’Espace de l’Art Concret, mettant en jeu le concept d’art total dans C’est à vous de voir..., , Pascal Pineau investit les espaces du Château pour en retrouver la fonction originelle, interrogeant la valeur d’usage des œuvres. Expérimentant les limites du décoratif et de l’ornemental, il ouvre un dialogue entre pièces issues de l’artisanat, du design, objets de brocante et œuvres d’art ‘proprement dites’. Ainsi, les salles d’exposition se transforment en une succession d’espaces domestiques fictifs. Cuisine, bureau, salon, chambre d’enfant, suite parentale… chaque pièce peut se percevoir comme un portrait en creux de l’artiste qui pose un regard introspectif sur une trentaine d’années de pratique artistique.

Sur l’invitation de Pascal Pinaud, Alexandre Curtet, fondateur de Loft interior designers, a été sollicité pour concevoir l’aménagement intérieur de ces espaces en dialogue avec ses œuvres, mais aussi celles d’artistes avec lesquels ce dernier partage des affinités esthétiques, comme Noël Dolla, Mathieu Mercier, Natacha Lesueur, Philippe Ramette…







Saison d’art  2026
Domaine de Chaumont-sur-Loire
29.03 - 01.11.2026

Antonio Crespo Foix, Levedades (Légèretés) - Petit Salon, Château

« Je n’aime pas la grandiloquence et je méprise la démesure. Je préfère découvrir des univers dans les choses proches et quotidiennes, regarder le revers des choses et y déceler de petits mystères tapis, dont je nourris ensuite ma pensée et mon travail. Peut-être est-ce par le jeu que l’on peut accéder au mystère et à la magie — des choses auxquelles je crois encore. […] Une autre idée avec laquelle je travaille fréquemment est celle du refuge. Dans de nombreuses oeuvres, je propose une forme intérieure, recouverte et protégée par des ‘peaux’ successives qui s’articulent entre elles jusqu’à définir une forme extérieure. J’essaie ainsi d’instaurer un dialogue entre intérieur et extérieur, et de permettre une lecture de l’oeuvre allant de cet intérieur latent jusqu’aux dernières couches de l’épiderme, tout en exprimant l’idée d’immatérialité et certaines évocations organiques. […] Les matériaux que j’utilise proviennent majoritairement de la nature, et pour une large part du monde végétal : bois, bambou, pollen de peuplier, raphia, pita, aigrettes… Avec eux, je ‘tisse’ à l’aide de fils de fer, de mailles et d’enchevêtrements qui, tels des graphies spatiales, suggèrent des volumes aspirant à s’intégrer à la nature. Enfin, j’aimerais que les brumes et les nuages que je propose à travers mes enchevêtrements soient compris de manière métaphorique, c’est-à-dire non dans un sens littéral, mais comme des espaces diffus de brouillard qui habitent et coexistent souvent en nous, et qui accompagnent aussi notre propre légèreté… » (Antonio Crespo Foix, 2025, Levedades, Museo Municipal de Valdepeñas)


Anaïs Lelièvre, Altus/Stratus - Asinerie

Au Domaine de Chaumont-sur-Loire, Anaïs Lelièvre agence un paysage composite, faisant coexister, comme dans un espace mémoriel ou psychique, des séries d’oeuvres issues de plusieurs lieux rencontrés, comme autant de concrétions ou éclats ; entre les fragments, se trame une ligne-flux, vibratile, qui se déplace de l’ancrage local à une continuité d’expériences, traversées autant que traversantes.

L’exploration de la céramique a émergé après la rencontre des volcans en Islande : expérimentation des changements d’état, passage du souple au solide, de l’incandescent au glacé, le travail de la céramique condense, concentre et éprouve en miniature et au plus vif les fluctuations de la matière, et les métamorphoses du sol sur lequel nous vivons. Les gestes du dessin s’y répercutent autrement, avec le souvenir incarné de cet environnement de lave et de neige, où le noir-blanc matiériste et graphique donnait à sentir en surface les flux souterrains. Aussi, la série Gloc, de grès rouge sous l’émail, explore-t-elle par le corps la porosité observée d’une pierre de lave, où à l’endroit des creux apparaît l’ébullition, le jaillissement du dessous.

La série Fêlures (la gravure contre soi) a émergé durant le confinement, dans la maturation d’une résidence en Suisse, qui fut portée par une attention aux strates, celle d’une pierre de schiste qui s’effritait d’un mur, celle des glaciers qui avancent et se fracturent, celle des plaques tectoniques qui menaçaient de se mettre en mouvement. La fine couche de porcelaine blanche est striée avec une pointe métallique, dans un geste similaire à celui du dessin au Rotring, et qui cherche une forme d’écriture, d’histoire indicible. Dessus, la matière noire souple se soulève, réagit, s’anime et se fissure, entre délitement, vitalité et persistance, et vient construire par fragments la fragile et solide figure d’une demeure mentale, où refluent et se stratifient les réminiscences de lieux passés.

Coquilles (mur) dérive d’un dernier geste au départ d’Amboise : le moulage du mur extérieur du Château, précisément la tour des Minimes, de cette pierre sédimentaire qui fut constituée avec des restes de coquillages et qui rappelle la présence passée de la mer de toutes parts. Cette remontée des temps offre une bascule poétique, de la géométrie architecturale à la source organique et animale de sa matière, de la brisure des coquilles à la puissance de construction, du solide au fluide, et s’inscrit dans un long processus de questionnement et de redéfinition de la maison, qui sous-tend la pratique de l’artiste.


Janine Thüngen-Reichenbach - Grange aux Abeilles

Ces dernières années, sa recherche s’est intéressée à différents territoires scientifiques, explorant les concepts d’espace-temps et de vide à travers la physique autant que la philosophie orientale. Elle s’est prise de fascination pour les réseaux mycéliens et leurs connexions cachées avec les arbres, reconnaissant dans ces réseaux souterrains une métaphore de la mémoire, de la communication et des liens invisibles qui soutiennent la vie, nourrissant ainsi une pensée de la transformation et de l’interconnexion.

S’inspirant des catacombes proto-chrétiennes situées juste sous sa maison à Rome, elle a développé une technique particulière consistant à prendre des empreintes en silicone de murs anciens. Une fois réalisées en bronze, ces empreintes transposent la mémoire d’une histoire souterraine, développant une réflexion sur le concept d’éternité. Ce travail sur le passage du négatif au positif, sur la pression et la lumière, a marqué un tournant dans son processus créatif, culminant dans l’exposition Eternity I & II (2017), qui présentait huit oeuvres monumentales en bronze à la villa palladienne La Malcontenta, lors de la 57e Biennale de Venise.

Prolongeant ces recherches, l’artiste a travaillé sur son lien profond et ancien avec les arbres. Pour la série Treeworld (depuis 2024), ces derniers deviennent des archives vivantes : leurs écorces, à la manière des murs antiques, conservent les marques du temps. Grâce à la technique des empreintes en silicone, la texture organique des arbres est capturée permettant aux spectateurs de découvrir l’arbre sous un nouveau point de vue, comme si l’on accédait à son envers. Les empreintes sont cousues ensemble et posées sur des sphères de dimensions variables, en fonction de la circonférence des arbres. Elles évoquent tant des topographies planétaires que des paysages cosmiques. Des oeuvres réalisées à partir d’arbres situés le long de l’antique Via Appia, où réside l’artiste, sont dévoilées à Chaumont- sur-Loire, aux côtés d’une sphère monumentale obtenue grâce à l’empreinte de l’écorce du séquoia géant présent dans le parc historique du Domaine. La sphère monumentale du séquoia incarne à la fois la perte et la continuité. La texture du silicone préserve la mémoire du vieil arbre, tandis que la part de bronze suggère l’éternité. Ainsi, l’oeuvre fait dialoguer le périssable et le durable, invitant à une méditation sur le passage entre mortalité et immortalité, matière et esprit.


Bernard Pagès - Galerie des Écuries

Loin d’une monumentalité classique, Pagès conçoit des colonnes d’éléments hétérogènes — blocs de pierre, sections de bois, masses de béton, fragments divers — qu’il assemble, ajuste ou agrège. Ces pièces allient archaïsme et modernité, rappelant à la fois des totems primitifs, des structures architecturales et des éléments industriels. Elles résolvent une tension permanente : comment faire tenir ensemble des matériaux lourds, durs, bruts, tout en explorant un mouvement vertical, un désir d’élévation ? Chez Pagès, la colonne est une manière d’habiter l’espace, un mode de relation à la matière et au lieu.

Les oeuvres présentées au Domaine de Chaumont-sur-Loire s’inscrivent dans ce cycle. Elles associent un long cône de bois taillé à une base constituée de diverses matières. Le bois porte les traces visibles de son façonnage ; il s’élève avec une forme de détermination hésitante. Au sol, le matériau travaillé offre un contrepoint sombre, presque végétal, qui retient, soutient ou contrarie cette ascension. L’ensemble forme une figure d’équilibre instable, où l’élan vertical est maintenu par un ancrage complexe, où la légèreté relative du bois se confronte à la pesanteur de la base. Tout repose sur la justesse des rapports, sur l’accord trouvé entre deux énergies contraires.

Appartenant à la série des Pals, les oeuvres tiennent debout comme on tient dans le monde : par ajustements successifs, par vigilance, par entente avec ce qui pourrait faire tomber. Leur présence condense l’esprit de la démarche de Bernard Pagès : une sculpture qui ne s’impose pas mais s’équilibre, qui ne domine pas l’espace mais le négocie, et qui fait sentir la précision d’un geste attentif et la possibilité d’une forme ouverte.


Lionel Sabatté -Auvent des Écuries

L’oeuvre de Lionel Sabatté est d’une beauté étrange, de celle qui naît des métamorphoses de la matière. Tantôt alchimiste jouant avec la réaction des métaux, tantôt démiurge faisant surgir des loups d’un magma de poussière, l’artiste crée de ses mains, charge patiemment ses pièces, leur offre un supplément d’âme et de souffle. Sculptures, peintures, oxydations sur plaques, installations et dessins témoignent d’une force originelle qui semble traverser les âges, depuis les premières pulsations de l’univers jusqu’aux déchaînements contemporains de la nature.

Tout ce qui est vivant intéresse l’artiste. Végétal, animal, humain, toutes les formes connues de vie et même celles à découvrir sont au coeur de ses recherches. Pour en témoigner, il multiplie les collectes improbables (ongles, peaux mortes, poussière, cendre...), récupère des éléments de nature (souches, arbres, végétaux), oxyde le métal, agrège le ciment sur du fer à béton... Lionel Sabatté n’a d’autre obsession que celle de faire parler la matière, d’en restituer a moindre énergie, pour renouveler notre appréhension de l’environnement immédiat comme plus largement celle du monde. À l’instar de son grand-père taxidermiste, il sculpte et modèle pour offrir une seconde vie aux choses. Tantôt il façonne des créatures animales — oiseaux, ours, loups, mais aussi licornes — ou anthropomorphes, protagonistes d’une mythologie nouvelle, tantôt il en fait apparaître d’autres grâce à des procédés chimiques d’oxydation, révélant par la couleur la profondeur du temps. Entre intuition et fabulation, son oeuvre interroge ainsi notre rapport au vivant, à la mémoire et aux cycles de transformation.

Pour la Saison d’art 2026, l’artiste revient avec l’une de ses figures les plus emblématiques : une chouette, conçue spécialement pour le Domaine et installée sous l’auvent des écuries. À la fois présence animale et symbole de la connaissance, la sculpture semble surgir du sol comme un être ancien. Gardienne silencieuse, elle s’inscrit dans ce lieu de passage comme une apparition tutélaire, invitant le regardeur à basculer du réel vers l’imaginaire.


Ghyslain Bertholon, Rezilientia - Parc Historique

Réalisée dans une souche massive de séquoia, à l’aspect brûlé, surmontée d’une hache de bronze et d’or, l’oeuvre Rezilientia présentée au Domaine de Chaumont-sur-Loire est la variante la plus imposante jamais produite par Ghyslain Bertholon dans cette série de pièces uniques débutée en 2020, dont on a pu voir des variations à Paris, Lille, ou encore Saint-Étienne. […] Cette oeuvre hors-norme s’inscrit de manière cohérente dans une réflexion menée depuis vingt-cinq ans autour de la question, devenue de plus en plus cruciale au fil des années, de la relation de domination que nous entretenons avec la nature. La question est classique d’une certaine manière : parcourant toute l’histoire de l’humanité, elle devient centrale à la Renaissance dans la pensée humaniste occidentale, qui fit de la technique le coeur et le moteur du progrès pour nous rendre “comme maître et possesseur de la nature”. Mettant en avant la puissance de l’esprit humain, cette ère ouvre à une pensée instrumentale de la nature, qui trouvera son apogée avec la révolution industrielle.

A l’aube de l’an 2000, Ghyslain Bertholon entreprend, pour reprendre l’expression d’Heidegger, “d’habiter le monde en poète”, d’investir le monde en artiste.[…] La notion d’hybridation est un terme récurrent dans la pratique et le vocabulaire contemporains. Si l’hybridation est en effet un des ressorts du corpus de Ghyslain Bertholon, ici, les idées de contamination, d’ingestion, d’amalgame et de glissement semblent prédominer : le bois “contamine” la hache ; le métal est comme ingéré et amalgamé à la branche, devient le support d’une nouvelle vie, comme ce qu’est, précisément, une résilience : s’appuyer sur les traces, les cendres, les restes irréfragables d’un traumatisme pour renaître et se réinventer. […] La notion d’hybridation est un terme récurrent dans la pratique et le vocabulaire contemporains. Si l’hybridation est en effet un des ressorts du corpus de Ghyslain Bertholon, ici, les idées de contamination, d’ingestion, d’amalgame et de glissement semblent prédominer : le bois “contamine” la hache ; le métal est comme ingéré et amalgamé à la branche, devient le support d’une nouvelle vie, comme ce qu’est, précisément, une résilience : s’appuyer sur les traces, les cendres, les restes irréfragables d’un traumatisme pour renaître et se réinventer. (extraits du texte de Marie Deparis-Yafil, janvier 2026)



Saison d’art du 29 mars au 1er novembre 2026. Domaine de Chaumont-sur-Loire - Chaumont-sur-Loire. Tél.: +33 (0)2 54 20 99 22.

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