Yazid Oulab, L'ère du graphite
Galerie Eric Dupont, Paris. 17.03- 21.04.2012

Communiqué de presse
Les œuvres de Yazid Oulab s'articulent autour de la notion de « feu » : des objets en graphite et en cristal viennent scander l'exposition, avec des silex taillés, un couteau, une lampe, une vis et son boulon, ou des clous. Ces créations nous rappellent alors aux mythes anciens, comme si seul le feu pouvait illuminer l'humanité et la libérer.
Au loin, se découpant telle une chaîne, des montagnes urbaines courent d'un mur à
l'autre de la galerie. Juchés sur ces montagnes qui sont en fait des silhouettes
d'immeubles en perspective, des stylites nous dominent et racontent leurs exploits
à ceux qui se présentent pour découvrir les œuvres de Yazid Oulab.
En guise de feu
de camp, l'artiste pose au sol un lustre. Il en a remplacé les cristaux par du charbon
et les lumières par des personnages en prière. Au sein du même objet, le combustible
et l'énergie qu'il dégage s'associent. Le carburant de nombreuses centrales thermiques
que l'on appelle aussi des centrales à flamme, le charbon, sert à alimenter en
électricité
nos villes et nos foyers. De la noirceur du charbon naîtrait donc la lumière, tout
comme le Phénix, cet oiseau légendaire, doué de longévité, qui possède l'étrange
pouvoir de renaître après s'être consumé sous l'effet de sa propre chaleur. Pour
se transformer, il faudrait attiser un feu capable de nous consumer et d'éclairer
les ténèbres. C'est par le feu que l'on illumine, par le feu que l'on purifie et
par le feu, enfin, que l'on se libère. Par le feu vient aussi le châtiment, souvenons-nous
de Phaéton foudroyé par Zeus pour avoir perdu le contrôle du char qu'il avait emprunté
à son père Hélios (le soleil). En grec, Phaéton veut dire le brillant, comme le diamant
qui est du carbone pur et qui symbolise, aussi, la pierre cachée en nous.
Autour de
ce feu métaphysique des objets en graphite et en cristal viendront scander l'exposition,
un ensemble de silex taillés, un grand couteau, une gomme, une lampe d'Aladin, une
vis et son boulon, un morceau de fil de fer barbelé, et des clous. Chez Yazid Oulab,
le clou est ce qui relie, il est aussi l'Alif. Alif est en arabe la première lettre
de l'alphabet et la première syllabe du verbe «lire, apprendre». Alifs tridimensionnels,
les clous de cristal ou de graphite présentés ici matérialisent cette force divine
descendant des cieux pour dicter la parole et instruire les hommes. La parole étant
ce qui sert à s'élever, les métonymies que l'artiste choisit prennent la forme de
chaînes, d'échelles ou d'échafaudages. Cette fois, il a opté pour des prises d'escalade
en céramique. Profilées comme des orants, elles sont fixées au mur de la galerie
à l'instar de ces structures artificielles d'escalade (SAE) que l'on connaît. Elles
seront utilisables et permettront à l'ascensionniste éventuel de se hisser au sommet
de la corniche qui surplombe la galerie. On devine sans peine qu'il s'agit d'une
métaphore et que la pratique attendue est tout autant physique que spirituelle, et
nous rappelle la fameuse phrase de Edward Whymper : «là où il y a une volonté, il
y a un chemin».
Exposition du 17 mars au 21 avril 2012. Galerie Eric Dupont, 138 rue du Temple - 75003 Paris. Tél.: +33 (0)1 44 54 04 14. Ouverture du mardi au samedi de 11h à 19h et sur rendez-vous.
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