Karine Bonneval + Aliénor Massenet, parfumeur
La Maréchalerie, Versailles - 18.01
- 17.03.2012

Communiqué de presse
Je cherche des parfums nouveaux, des fleurs plus larges, des plaisirs inéprouvés
Le
projet de Karine Bonneval pour La Maréchalerie se fonde sur la manipulation du vivant
par l’humain. Ses recherches plastiques trouvent leur origine dans la notion d’exotisme.
À l’époque des cabinets de curiosités, puis des serres, des plantes sont acclimatées
en Occident pour constituer le fond de jardins botaniques. On collectionne et inventorie
ces trésors de voyages, témoins directs de la mainmise de l’homme sur la nature et
du pouvoir de l’Europe sur les pays dits indigènes. Ces récoltes sont également l’expression
d’une recherche de sensations et d’agrément. La colonisation du vivant racontée dans
les récits de voyages demeure sujet d’actualité. Les explorateurs d’aujourd’hui sont
à l’image de ces grands groupes pharmaceutiques et agroalimentaires qui s’approprient
les espèces naturelles pour les transformer en produits de l’industrie. De même,
à moindre échelle, et sans que nous en ayons conscience, les plantes de nos jardins
et de nos intérieurs proviennent le plus souvent de contrées lointaines et répondent
à notre besoin de végétal comme un rempart contre notre propre société.
Le dispositif
présenté par Karine Bonneval à La Maréchalerie agit comme une mise en abîme de l’espace
pensé à partir du désir perpétuel d’une nature imitée. Citation d’À rebours de J.-K.
Huysmans, écrit en plein siècle romantique, à l’époque des expositions universelles,
le titre de l’exposition fait explicitement référence à l’univers baroque dont s’entoure
Des Esseintes, personnage reclus qui se consacre à la reproduction du monde, habité
par l’obsession de transformation du vivant. Reste à accomplir pour le visiteur l’expérience
de la déambulation dans un environnement végétal et olfactif fantasmé, à la lisière
ténue entre naturel et artificiel. Dans cet espace clos qui rappelle la serre, comme
dans un microcosme fantasque, les plantes sont augmentées de manière anthropomorphique.
Travesties par des rajouts qui renvoient à une esthétique humaine (ongles, cils,
cheveux) et par des parfums recréés ces plantes colonisées ramènent le végétal à
l’humain de manière violente.
Exposition du 18 janvier au 17 mars 2012. La Maréchalerie - centre d'art contemporain
- énsa-v, 5 avenue de Sceaux - 78000 Versailles. Tél.: 01 39 07 41 12. Entrée libre
du lundi au samedi de 14h à 18h et le matin sur RDV. Fermé les jours fériés.
et le matin sur RDV. Fermé les jours fériés

Phyloplastie, vue d'atelier, 2011. Karine Bonneval
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