ArtCatalyse : l'art qui dialogue avec l'environnement

Brèves des artistes


  L’art qui dialogue avec l’environnement



Abdelkader Benchamma, Echo de la naissance des mondes

Collège des Bernardins, Paris
04.10 - 10.11.2018






 







 




 

 












Suivant

Communiqué de presse


Dans le cadre de la célébration du 10ème anniversaire de la réouverture du Collège des Bernardins, Abdelkader Benchamma a été invité à transformer l’ensemble de la nef par l'utilisation d'immenses formes profuses, abstraites et dynamiques qui envahiront l'espace et entreront en dialogue avec les lignes architecturales de ce lieu chargé d’histoire.








.



Exposition du 4 octobre au 10 novembre 2018. Collège des Bernardins, 20 rue de Poissy - 75005 Paris. Tél.: +33 (0)1 53 10 74 44. Entrée libre tous les jours sauf dimanche et jours fériés de 10h à 18h.





  







































Comment rendre perceptibles les forces invisibles de l’infiniment grand tout en créant un espace qui, tout en restant poétique, réussisse à perturber notre perception habituelle du monde? Ces questions récurrentes dans le travail d’Abdelkader Benchamma seront ici pensées dans une tout autre échelle et plongeront le visiteur dans un espace hors du monde, et hors du temps.

Inspiré par les recherches de Georges Lemaître, prêtre astronome et physicien qui fût l'un des premiers hommes à avoir pensé l’expansion de l’univers, Abdelkader Benchamma, connu pour ses dessins muraux conçus à l’échelle de l’architecture, est invité à réaliser une vaste installation pensée spécifiquement pour la nef du Collège des Bernardins.
Georges Lemaître, aujourd’hui considéré comme l’inventeur de la théorie du « Big Bang », a très tôt pensé l’éloignement des galaxies et formalisé la croissance permanente de l’univers en parallèle de sa pratique religieuse. Pour évoquer ce moment primitif, Lemaître parlait poétiquement de l’« écho disparu de la formation des mondes ». Entre croyance et science, l’univers de l’artiste résonne avec les recherches du prêtre astronome.

Les dessins d’Abdelkader Benchamma s’inspirent de scénarios visuels qui proviennent de réflexions sur l’espace et sa réalité physique, ses limites et ses zones de contact avec des espaces mentaux. Ils fonctionnent sur des détournements, modulations d’objets témoignant de dysfonctionnements possibles dans notre rapport aux lieux et aux choses. Glissement du réel, intrusion de l’invisible, matières indéterminées en transformation, catastrophes minuscules constituent certains éléments de son travail.

Abdelkader Benchamma est né en 1975 à Mazamet (France). Il vit et travaille à Paris et Montpellier. Invité par le Drawing Center de New York à inaugurer leur nouveau programme de dessin mural, il a présenté Representation of Dark Matter, une pièce monumentale et immersive réalisée in situ (2015-2016). Il est Lauréat du Prix Drawing Now 2015. Lauréat de la première édition du prix Occitanie-Médicis, Abdelkader Benchamma bénéficiera d’une résidence de trois mois à la Villa Médicis fin 2018.

Le texte de Gaël Charbau, commissaire d’exposition

Abdelkammer Benchamma, connu pour ses propositions graphiques saisissantes à l’échelle de l’architecture, propose de rendre hommage au Collège des Bernardins à l’un des premiers hommes à avoir pensé l’expansion de l’univers: le prêtre, astronome et physicien Georges Lemaître. Parallèlement aux découvertes d’Alexandre Friedmann et d’Einstein, Lemaître a en effet l’intuition de l’éloignement des galaxies et a théorisé la croissance permanente de l’univers. « Intuition », quel autre mot peut s’appliquer à cette vision qui ne peut être qu’une sensation abstraite nous obligeant à nous défaire de toutes les règles de notre expérience quotidienne pour spérer entrevoir un espace non seulement infini, mais qui de plus ne cesserait de grandir?

Il y a ici comme une contradiction insoluble, une double impossibilité que seule la science peut mettre en équation, pour des savants qui savent dire le monde en soulevant le voile de son épais mystère. Dans ces hauteurs de vue, on peut certes démontrer, mais on ne sait toujours pas expliquer le pourquoi et le comment, et l’on échoue encore plus à répondre à cette question dans nos esprits d’enfants: et avant? Pour évoquer le moment primitif de la formation de l’univers, Lemaître avait choisi de parler poétiquement de l’ « écho disparu de la formation des mondes ».

C’est ce qui a inspiré le titre de l’exposition à Abdelkammer Benchamma, qui a choisi de donner son propre « écho » formel à cette vision conceptuelle de l’univers. En transformant provisoirement l’ensemble de la nef à l’aide de formes profuses et abstraites peintes sur un support amovible, l’artiste nous propose de nous immerger dans ces motifs comme au milieu d’un songe qui épouserait l’architecture du Collège pour en bouleverser la perception. Aucun point n’en permet une vue d’ensemble et seule la logique cistercienne vient porter cet immense dessin qui, analogue à l’objet dont il s’inspire, n’a ni sens, ni centre, ni bord…

Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager par e-mail Imprimer Partager sur LinkedIn Abdelkader Benchamma, Echo de la naissance des mondes, Collège des Bernardins, Paris

  © ArtCatalyse / Marika Prévosto 2007 - 2018. Tous droits réservés